18 avril 2006

Le festin du roi

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Image: Luis Royo

 
 

Dès que mon cheval se fut engagé sur le pont levis,  je fut immédiatement saisie par l'athmosphère de fête qui régnait au château.  Je pouvais déjà entendre le son des violes, des lyres et des tambourines, une musique enjouée, ennivrante, me parvenaient de la grande salle, à travers le brouhaha des voix et des rires.  Camelot était en liesse.

Des flambeaux et lanternes de toutes les formes éclairaient la pièce de mille feux.  On avait aménagé tout autour de la grand Salle du Trône, trois immenses tables mesurant chacune au moins 100 coudées de longueur.  La nourriture y était servie en abondance et on avait empilé le long des murs, d'énormes barriques de vin.  Les serviteurs y remplissaient incessament les carafes de cuivre que l'on faisait circuler parmi la foule.
 
Au centre, les magiciens, les cracheurs de feu et les jongleurs rivalisaient d'adresse, attirant autour d'eux les spectateurs qui applaudissaient et s'exclamaient devant leurs tours de plus en plus audacieux.  Un peu partout, par petits groupes, on dansait sur les enivrantes mélodies que les musiciens enchaînaient les unes après les autres.

La salle était bondée, des chevaliers accompagnés des gens de leur suite, des membres de la famille royale, des représentants des royaumes environnants, des dignitaires du palais, des prêtres et des druides, les conseillers du roi et bien sûr les Chevaliers de la Table Ronde, pas moins de 300 personnes.  La fête battait déjà son plein lorsque j'arrivai.

Je me frayai un chemin à travers la cohue pour tenter de me rapprocher un peu du couple royal. Athur et Guenièvre avaient déjà pris place sur leurs trônes.  Ils portaient tous les deux les tenues d'apparât au teintes cramoisies.  Il y avait un long cortège de dignitaires de toutes provenances qui attendaient pour pouvoir enfin offrir leurs hommages à leur souveraine.  Tous admiraient sa prestance, sa majesté, elle était d'une beauté à vous couper le souffle.  Dès la seconde où j'avais posé les yeux sur elle, le reste du monde avait perdu toute son importance.

J'étais envahie d'une douce euphorie.  Je ne pourrais jamais oublier ces instants que je venais de passer seule avec elle, dans ses appartements privés.  Dès qu'elle m'avait ouvert, j'avais immédiatement perdu tous mes moyens.  Comme elle était belle!  Vêtue très légèrement d'une petite chemise de dentelles sous un mince manteau noir, elle avait défait ses cheveux qu'elle avait laissé tomber sur ses épaules.  Elle me regardait intensément de ses grands yeux couleur de nuit.  J'étais comme envoûtée, fascinée par sa beauté, elle m'avait complètement séduite, mon coeur battait jusqu'à faire mal, j'aurais pu rester là durant des heures, juste à la regarder sans dire un mot. J'avais simplement envie d'être près d'elle, rien d'autre.

Puis... de ses doigts, elle avait délicatement effleuré ma peau et cette seule caresse avait envoyé au creux de mes reins, une émotion d'une telle violence que j'avais dû me mordre la lèvre presque jusqu'au sang pour ne pas gémir du plaisir intense que m'avait procuré ce simple toucher.  Jamais je n'avais désiré quelqu'un plus fort que je ne la désirais elle, à cet instant.  Au bout d'un moment, je n'en pouvais plus...

- Arrêtez ma Reine, je vous en prie, Guenièvre, arrêtez...

Elle avait rivé ses yeux aux miens et avait dit: "...Je sais que tu m'aimes".  Et j'avais dû admettre ce que je me refusais de croire depuis des jours.  Elle avait raison, je l'aimais.  Je l'avais aimée depuis le tout premier jour où j'avais posé les yeux sur Elle, à son insu, sur les rives du lac.  Je l'aimais à présent de tout mon coeur et de toutes mes forces.  De toute mon âme. Je savais que je l'aimerais et la protégerais toujours. Jusqu'à ce que la mort l'arrache à moi, je veillerais sur Elle plus que sur ma propre vie. 
Oserais-je tout lui avouer? Oserais-je le lui dire?  "Oh... Guenièvre, ma Reine... " Je la fixait intensément, quand tout à coup, elle s'était approchée, tout près...  et elle m'avait embrassé doucement,  avec tendresse, ce bref contact de ses lèvres sur les miennes n'avait duré qu'un trop court instant mais m'avait donné un long frisson et m'avait littéralement mis le feu au ventre.

Mais comment pourrai-je éteindre ce feu?  Par quel sortilège?  Comment oublier la douceur infinie de ses lèvres?

Maintenant que je n'avais plus envie que de vous, ma Reine, qu'alliez-vous donc faire de moi?...



Suite: L'adoubement





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